François TISSOT,Consultant en Financement de l'Innovation chez Ayming, expert mécanique

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview.



Peux-tu te présenter toi et ton parcours ?

Je m’appelle François, j’ai 36 ans et je suis originaire de Lyon. Après mon bac S, je suis parti à Grenoble pour mes études supérieures, en commençant par un DUT Génie Mécanique et Productique. Après l’obtention de mon diplôme, je suis retourné à Lyon pour une première expérience à la fac pas très concluante, puis pour travailler en entreprise pendant une année afin d’avoir l’expérience professionnelle de mon diplôme. Je suis ensuite reparti pour une licence 3 génie mécanique à Grenoble, puis un master toujours en mécanique avec une composante recherche cette fois. J’ai ensuite poursuivi avec une thèse en cotutelle au laboratoire TIMC-IMAG et l’Institute of Physics de Prague (République Tchèque). Après ma thèse obtenue en fin d’année 2016, j’ai cherché à me réorienter dans le privé et ai cherché un emploi. Après un an de recherche, j’ai obtenu un poste au sein du cabinet de conseil Ayming en tant que consultant en financement de l’innovation.


Pourquoi avoir fait une thèse ?

J’ai toujours été très curieux et ai eu également la chance d’avoir des professeurs qui m’incitaient toujours plus à aller chercher et comprendre ce qu’il se passe, depuis le lycée (voire avant mais je ne m’en souviens plus très bien…). Mes professeurs de master étaient tous enseignants-chercheurs, et m’ont transmis l’amour de la recherche. C’est donc tout naturellement que j’ai poursuivi en thèse, avec un sujet et une aventure humaine unique puisque j’ai eu la chance de passer plus d’un an et demi à Prague, une ville incroyable, et y ai rencontré des personnes extraordinaires.


Description de ton poste actuel et de l’apport de ta thèse dans ce cadre

Aujourd’hui, je suis donc consultant en financement de l’innovation chez Ayming. J’accompagne des entreprises de toutes tailles (des start-ups d’un ou deux salariés aux grands groupes internationaux en passant par les TPE de 5/6 salariés ou les ETI), dans divers domaines (mécanique, électrotechnique, matériaux, etc.), pour les demandes de Crédit Impôt Recherche majoritairement, mais aussi dans une dimension plus managériale de l’activité de R&D : orientation des sujets de recherche, aide à la mise en place de cellules d’innovation, mobilisation des équipes, formation, etc. C’est un poste fondamentalement tourné vers l’humain plus que la science en somme.


Mais compte-tenu du poste, en quoi la thèse est utile ?

Le docteur a de nombreux atouts pour ce métier :

  • il sait ce que signifie « recherche » au sens de la recherche académique,

  • il sait comprendre facilement un nouveau sujet technique,

  • il a un esprit de synthèse important : il peut même être capable de résumer 3 ans et plus de travail en 180 secondes !

  • il sait parfaitement rédiger un résumé complet de travaux de recherche : rédiger un abstract, constituer un état de l’art et la bibliographie, synthétiser et illustrer des travaux, etc.

  • il a les connaissances scientifiques et techniques permettant de communiquer avec tous ses interlocuteurs (services R&D, BE, ateliers, etc.)

Pourquoi les entreprises devraient s’intéresser plus aux docteurs selon toi ?

Pour les raisons évoquées ci-dessus, et pour tout le reste : un docteur est extrêmement pointu dans son domaine, et apportera une compétence et un savoir formidable qui peut booster significativement la R&D des entreprises. Nous sommes souvent mal perçus en France avec un doctorat, et c’est bien dommage. C’est également pour cette raison qu’un volet du Crédit Impôt Recherche traite des jeunes docteurs et offre un enjeu financier important pour les entreprises, que je vous encourage à présenter en entretien d’embauche car bon nombre de recruteurs ne le connaissent pas !


As-tu un conseil pour un étudiant souhaitant entreprendre une thèse ?

La thèse est un projet à part entière, dont nous sommes le pilote, le garant, le parent, et le manuscrit vient concrétiser ces années de travaux. Il est donc important de bien savoir que le sujet qu’on nous donne au départ est un point de mire, et que la thèse sera ce que nous choisirons d’en faire.

Ces 4 années ont été incroyables pour moi, par la dimension scientifique bien évidemment, mais aussi par la dimension humaine. C’est une expérience très prenante, passionnante, dont on rêve la nuit et qui va parfois nous hanter les weekends, que l’on va partager avec nos proches, et dont il faut être fier.

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