Julien LE BOTERFF, PhD, Ingénieur de recherche, Plateforme 3d.FAB

Bonjour Julien, Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview

Pourriez-vous présenter votre parcours étudiant jusqu’à votre doctorat ?

Après une classe préparatoire, j’intègre l’école d’ingénieurs INP ENSIACET à Toulouse en filière matériaux. Au cours de ce cursus et par l’intermédiaire de stages et de projets, je découvre le monde de l’impression 3D. En dernière année, j’ai l’opportunité de travailler chez SAFRAN à Toulouse puis chez ARKEMA en stage à Serquigny (Normandie) sur différentes problématiques liées aux technologies de fabrication additive par frittage de poudres. Une fois ce stage terminé, je débute ma thèse au laboratoire des Mines de Douai (nouvellement IMT Nord Europe) sur le développement de nouveaux grades polyoléfines pour la fabrication additive par dépôt de matière fondue. Ces travaux ont été réalisés en étroite collaboration avec les équipes belge de TOTAL et allemande d’ARBURG.


Pouvez-vous présenter vos différents postes occupés après votre thèse ?

Quelques mois après l’obtention de mon doctorat, j’intègre la société SOFILETA, à Bourgoin Jallieu, en tant que responsable de projets R&D. Mes missions consistent à développer des solutions de protections corporelles alliant textiles techniques et structures réalisées par impression 3D. Suite à cette expérience, j’intègre la plateforme lyonnaise 3d.FAB en tant que chef de projets fabrication additive. La plateforme technologique innovante 3D.FAB est dédiée aux innovations académiques et privées liées à l’impression 3D et 4D. Dans le cadre de ces activités, je pilote des projets collaboratifs entre des industriels et des laboratoires publiques en lien avec la fabrication additive dans les secteurs de la santé, de la défense et du luxe.


Pourquoi avoir choisi de réaliser une thèse ? En quoi votre doctorat vous a été utile dans les différentes fonctions que vous avez occupées ?

Depuis tout petit, je présente un fort intérêt pour les sciences appliquées et je me suis toujours considéré comme plus proche du monde de l’ingénierie que de celui de la recherche. J’ai toujours apprécié résoudre des problèmes concrets et me destinais à devenir ingénieur R&D dans le domaine des matériaux innovants. Je considérai la thèse comme une porte d’entrée uniquement destinée à la réalisation d’une carrière dans la recherche académique. Au cours de mes études d’ingénieur, j’ai eu l’opportunité de discuter avec des enseignants-chercheurs en activité au sein de l’INP ENSIACET et des laboratoires de recherches qui y sont hébergés. Ces laboratoires travaillent en étroite collaboration avec des entreprises de la région toulousaine (startups, PME, grands groupes…). Les échanges que j’ai pu avoir avec ces enseignants ainsi qu’avec des ingénieurs R&D en poste dans des sociétés (SAFRAN, ARKEMA…) et tous docteurs, m’ont permis de comprendre tout l’intérêt d’un docteur dans le monde de l’entreprise.

En effet, un grand nombre d’entreprises, du moins celles dans lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler, font du doctorat un prérequis indispensable pour occuper des fonctions d’ingénieurs R&D. Avec du recul, la thèse permet de développer non seulement une expertise technique dans un domaine mais aussi une méthodologie rigoureuse et une façon de réfléchir particulièrement à mêmes de répondre à des problématiques complexes. Mes activités actuelles au sein de la plateforme 3d.FAB consistent concrètement à appliquer la méthodologie de recherche que j’ai apprise dans le cadre de mon doctorat pour répondre à des besoins industriels qu’ils soient techniques, organisationnels et/ou managériaux.


Un conseil pour un étudiant qui souhaite réaliser une thèse ?

Beaucoup de choses peuvent être dites sur le doctorat et celles-ci ne sont forcément très flatteuses. L’image que l’on peut s’en faire peut donc être assez éloignée de la réalité. Selon moi, la thèse est une expérience très enrichissante plus d’un point de vu méthodologique et organisationnel que scientifique et technique. Et c’est à ce niveau-là qu’est la valeur ajoutée de la thèse. En effet, il est tout à fait possible de développer son bagage technique sans réaliser de doctorat. Aussi, il est donc primordial de bien sélectionner son laboratoire et son directeur de thèse puisque le doctorat est avant tout une formation de trois ans qui permet, non seulement de développer des compétences en gestion de projets et en analyse / synthèse de données mais aussi de développer son sens critique vis-à-vis de ces propres travaux. Le choix du sujet de thèse permet de sélectionner une problématique qui nous intéresse tout particulièrement et qui, on l’espère, nous passionnera suffisamment pour surmonter les obstacles liés à l’activité de recherche.


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