Justine DORENGE - Docteure en matériaux - Ingénieure R&D chez Colas

Dernière mise à jour : 4 nov.


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Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview


Pourriez-vous nous expliquer un peu votre parcours de formation ?

Je me suis découvert très tôt une passion pour la chimie, à la suite d’une expérience de mon prof de chimie de 4ième qui nous montrait comment les poudres de différents métaux donnaient différentes couleurs de feux d’artifices. J’en avais pris plein les yeux et c’est donc tout naturellement je me suis inscrite dans une fac de chimie. Là, j’ai découvert toutes les facettes qu’offrait cette discipline, et plus particulièrement les polymères. Je me suis donc lancée dans une licence puis un master spécialisés dans le domaine. Pour être honnête, je n’avais pas du tout l’intention de faire une thèse à la base. Je me destinais plutôt au milieu industriel, car ce qui m’intéressait était la résolution de problématiques concrètes et appliquées. A l’époque, je voyais la thèse comme une spécificité universitaire et donc c’était une option que je n’envisageais pas du tout.


Et finalement, pourquoi avoir poursuivi en thèse ?

C’est lors de mon stage de fin d’étude que je me suis rendu compte que j’aimais le domaine de la Recherche. Il m’a aussi donné l’occasion d’échanger avec des doctorants sur le dispositif CIFRE. L’aspect industriel et appliqué de ce type de thèse me plaisait beaucoup, et cela me permettait de garder ce côté recherche que je venais de découvrir. Finalement, je suis tombée sur un sujet mêlant les polymères et la formulation, deux domaines qui me plaisent, donc je me suis donc lancée.


Qu’êtes-vous devenue depuis l’obtention de votre thèse ? Ce diplôme vous est-il utile au quotidien ?

Après l’obtention de mon diplôme, je suis passée dans diverses grandes entreprises qui m’ont donné l’occasion de travailler dans des domaines très variés (bitumes, émulsions, formulation d’encres conductrices) avant d’arriver au poste que j’occupe actuellement en tant qu’Ingénieure R&D chez Colas. Ces postes n’avaient pas énormément en commun avec mon sujet de thèse qui portait sur les polymères dans les lubrifiants moteur, sauf cet aspect R&D appliquée qui m’intéresse tant. Mais avec le recul, c’est bien l’expérience que j’ai acquise lors de mon doctorat qui m’a permis de me forger et d’avoir réalisé ce parcours.

En effet, j’ai pu constater que ce diplôme est un prérequis dans pour la plupart des postes dans le domaine de la R&D. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas parce que l’on devient spécialiste sur un domaine dans lequel on travaillera toute notre vie. C’est surtout parce qu’il nous apprend à apprendre. La formulation peut paraître étrange, mais c’est ce que je retire de plus important de ces trois ans. On arrive avec notre BAC+5 en poche sur un sujet qui nous est (presque) inconnu et c’est à nous de mettre en place notre méthodologie pour réussir le projet (de la bibliographie aux essais labo, en passant par les réunions avec les bonnes personnes qui nous permettront de prendre les décisions qui orienteront le sujet).


Que diriez-vous à un étudiant qui se poserait la question de la thèse ?

Je lui conseillerais de ne pas prendre cette décision sur un coup de tête et de bien se renseigner avant. Comme beaucoup d’articles sur ce blog le soulignent, il y a plusieurs facteurs importants tout au long de la thèse. Le premier pour moi est le sujet. Il doit nous plaire pour pouvoir se donner à fond pendant trois ans, mais il orientera aussi d’une certaine manière la suite de notre carrière. Ensuite l’encadrement et l’environnement du laboratoire ne sont pas à négliger. Ils feront partie intégrante de notre vie pendant tout ce temps, et nous aiderons à passer les baisses de moral (car oui on ne peut pas être au top non-stop pendant 3 ans d’affilée). Personnellement, j’ai pu rencontrer un tas de personnes d’origines différentes et participer à des congrès dans différents pays. On ressort de cette expérience avec une vision plus ouverte sur le monde et un bon réseau professionnel qui nous suivra tout au long de notre carrière. Il ne faut pas hésiter à échanger avec les stagiaires et doctorants du laboratoire où l’on envisage d’aller, et à demander leur contact lors des entretiens. C’est le meilleur moyen de se faire une idée.


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