Maud Savonnet, ingénieure R&D chez Direct Analysis.

Bonjour Maud

La lecture de votre profil LinkedIn et de la présentation de votre thèse sur theses.fr

m'ont incité à vous proposer une interview. Merci beaucoup d'avoir accepté.



Pourriez-vous présenter votre parcours ?

A l’issue de deux années de classes préparatoires aux grandes écoles, j’ai intégré l’école d’ingénieur Grenoble INP-Phelma. J’ai suivi la filière Biomedical Engineering où j’ai continué à apprendre beaucoup dans les domaines de la physique théorique et appliquée, des mathématiques, de l’informatique mais aussi de la biologie. En dernière année, j’ai effectué un double-diplôme au KIT en Allemagne afin d’élargir mes compétences et de découvrir le monde universitaire en Allemagne. J’ai ensuite travaillé dans une start-up pendant 8 mois puis choisi de poursuivre par un doctorat au sein du CEA de Grenoble.


Pourquoi avez-vous décidé d’effectuer une thèse ?

J’ai toujours été attirée par les sciences au sens large. A Grenoble INP-Phelma, beaucoup d’enseignants sont également chercheurs. Les nombreux laboratoires de recherche sur le campus de Grenoble et sur la presqu’île fonctionnent en synergie avec les entreprises (startups, PME, grands groupes, CEA) de la région. J’ai donc évolué dans cet écosystème grenoblois où les interactions entre ingénierie et recherche sont très nombreuses. Lorsque l’opportunité de réaliser un doctorat au sein de l’école doctorale de physique de Grenoble sur un projet concret de développement d’un outil d’aide au diagnostic des patients souffrant d’infarctus du myocarde, s’est présentée à moi, je l’ai immédiatement saisie. En effet, ce travail mené en collaboration entre un laboratoire de recherche fondamentale, un laboratoire de recherche appliquée du CEA-Leti et le CHU de Saint-Etienne était intéressant et porteur de sens d’une part, et m’a permis d’échanger avec des acteurs issus d’environnements très différents d’autre part.


Quel poste occupez-vous aujourd’hui et en quoi votre doctorat vous est-il utile ?

Je travaille au sein de la startup Direct Analysis en tant qu’ingénieure R&D. Je suis chargée de développer de nouveaux systèmes pour la détection de microorganismes pathogènes. Mes missions sont variées et mon profil d’ingénieure-chercheuse me permet d’être à l’aise techniquement et rapidement opérationnelle. Dans la mesure où Direct Analysis est en pleine phase de développement, j’échange avec des acteurs du milieu académique et du monde industriel. Mon expérience me permet de saisir immédiatement les enjeux, problématiques, attentes et besoins de ces deux mondes parfois très éloignés


Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite se lancer dans une thèse ?

La thèse est une expérience très enrichissante que je conseillerais à tous les amoureux des sciences. Être docteur est évidemment indispensable pour faire de la recherche et constitue un atout pour travailler en entreprise, et non pas un frein comme on peut l’entendre parfois. Cependant, il s’agit d’un projet qui s’étale sur trois années (en France) qui peuvent s’avérer très longues si les conditions ne sont pas réunies pour que ce projet soit une réussite. Il ne faut donc pas faire une thèse pour faire une thèse. Selon moi, et même si beaucoup d’autres facteurs peuvent entrer en jeu, l’ingrédient clé pour que cette expérience soit positive est la motivation pour le sujet de thèse. En effet, la persévérance étant indispensable pour mener à bien une thèse, il est nécessaire d’être pleinement motivé par le projet dès le début.


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